La Nouvelle Liberté de Joseph Francis Sumegne

Article : La Nouvelle Liberté de Joseph Francis Sumegne
Crédit: Moïse KAMGUEN
9 janvier 2025

La Nouvelle Liberté de Joseph Francis Sumegne

La Nouvelle Liberté, surnommée « le ndjoudjou du Rond-Point », elle est devenue avec le temps un symbole, sinon le symbole de la ville de Douala.

La Nouvelle Liberté au Rond-Point Deido / Crédit : Moïse Kamguen

Historique

Tout serait parti du désir de Didier Schaub et de la Princesse Marilyn Douala Bell, époux et co-fondateurs de l’espace doual’art d’offrir une œuvre d’art public à la ville de Douala, alors en carence d’identité visuelle. Joel Mpah Dooh aurait alors proposé au couple Joseph-Francis Sumegne dont le travail lui semblait en capacité de répondre à ces attentes.

Après avoir fait une proposition retenue, l’artiste venu de Yaoundé a été pendant trois ans en résidence à Douala. Une fois le monument achevé et installé, la fortune n’a pas été au rendez-vous… Certains critiquaient son esthétique, en matériaux de recyclage, déchet au centre-ville. D’autres reprochaient à l’auteur ses origines, bamileke installant ses travaux chez les Douala. Elle ne sera finalement officiellement inaugurée qu’en 2007 lors du Salon urbain de Douala (SUD).

Aujourd’hui tout le monde ou presque à Douala et au Cameroun connait La Nouvelle Liberté. Elle a été récupérée par l’imaginaire collectif et a subi des interprétations diverses venant des publics. A ce titre, elle figure dans les pages du nouveau passeport camerounais. Toutefois, le succès de l’œuvre a caché l’identité de son auteur…

Prototype de la Nouvelle Liberté exposé à doual’art, Décembre 2024 / Crédit : Ismail NSANGOU

Ma rencontre avec le Père de la Nouvelle Liberté

La légende le disait fou, mort, mort fou ! J’ai rencontré Joseph Francis Sumegne lors de mon travail comme médiateur culturel à l’espace doual’art. Le premier jour, nous avons passé plus d’une heure à parler de son travail. J’étais impressionné par la perception de cet homme qui réussissait à transmuter les objets du quotidien ; sa technique ne procédait pas comme celle de Marcel Duchamp juste par leur réinterprétation, mais plutôt par une savante combinaison qui leur donnait un nouveau langage. Il était détenteur de toute la science traditionnelle des Anciens, mais avait fait le pari de faire de l’art africain moderne, des masques du XXIᵉ siècle…

Dans nos échanges par la suite, j’ai compris qu’il était déçu de ses compatriotes, de n’avoir pas été vraiment compris, ni suffisamment reconnu… Mais le Maître qu’il était, gardait foi en son œuvre…

Joseph Francis Sumegne, supervisant l’installation des 9 notables, œuvre d’art monumentale dans un jardin public / Crédit : Etienne Talla
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