La question foncière à Douala
Dès sa création, la question foncière a été au cœur des problématiques de la ville de Douala. Jusqu’à nos jours, cette question n’a pas été résolue.
Aux origines

En 1884, le Cameroun devient un protectorat allemand après la signature du traité germano-douala. A compter de cette date, ces derniers commenceront la conquête et l’occupation de ce territoire. La ville de Douala alors capitale politique est l’objet d’un plan d’urbanisme « Gross Douala ». Ce plan conçu par les allemands pour des raisons sanitaires prévoit une organisation spatiale de la ville basée sur des considérations raciales. En effet, il prévoit l’expropriation des populations locales de leurs terres d’origine. Et ce en vue de leur installation dans de nouveaux quartiers crées à cet effet, New-Bell, New-Deido et New-Akwa. Cette décision, arbitraire, sera contestée par les population locales car elle ne respectait pas les clauses du traité qui garantissait la propriété foncière des habitants de Douala. La contestation réprimée coûtera la vie à des nombreuses personnalités, notamment celle du chef du canton Bell, Rudolf Douala Manga Bell.
La question foncière
Malgré la défaire allemande lors de la première guerre mondiale et leur expulsion du Cameroun, cette politique d’expropriation s’est poursuivie. Notamment de façon plus douce, par l’administration française et ensuite l’Etat camerounais nouvellement indépendant . Par la suite, Douala étant capitale économique du Cameroun, des vagues successives d’immigrations ont réduit la marge de la propriété locale dans la ville. En 2022, l’expropriation de Dikolo a été un révélateur de la crise autour du foncier dans la ville. Elle a suscité colères, indignations, révoltes et exacerbé les tensions tribales et xénophobes. L’affaire aux contours flous a été conduite en justice. Deux ans après leur déguerpissement, les populations de Dikolo à Bali ont été rétablies dans leur droit par le Tribunal Administratif de Douala. Ces derniers qui envisagent un retour sur les lieux où leurs habitations ont été détruites espèrent désormais une indemnisation.